Zoom sur Alan Rickman
Par Hope le 1 févr. 2026, - Communauté Magique - Lien permanent

Après avoir étudié le parcours de trois des quatre directeurs de maison de la saga, il devenait plus qu’évident que le prochain acteur à voir sa carrière décortiquée serait celui du terrifiant maître des potions et directeur des Serpentard : Severus Rogue, ou plutôt Alan Rickman !
Alan Rickman n’est pas né maître des potions, mais comme un jeune enfant d’après-guerre, issu d’une famille modeste. Grâce à ses excellents résultats, il se voit attribuer, dès l’âge de 11 ans, une bourse afin de rejoindre la Latymer Upper School, un établissement connu pour son enseignement progressif et sa forte tradition théâtrale. Le jeune Alan est donc initié dès son plus jeune âge au jeu d’acteur (un peu comme Obélix et la potion magique, Alan est tombé dedans quand il était petit, il faut croire). Pour son tout premier rôle, il est âgé d’à peine 7 ans dans la pièce King Grizzli Bear, et sa mère lui confectionne une barbe en lui scotchant un bout de tissu sur le menton ! Enfant, cependant, il souffre de problèmes d’élocution à cause de sa mâchoire inférieure trop étroite, lui donnant une voix indistincte et étouffée.
Pour beaucoup, on pourrait croire qu’avoir son premier rôle à 7 ans, grandir dans une école favorisant la formation théâtrale et lui permettant de jouer de nombreux rôles (que ce soit dans la comédie ou la dramaturgie), destinait Alan à une carrière toute tracée. Eh bien non, pas pour ce cher Alan, qui poursuit une formation de graphiste dans différentes écoles avant de fonder, avec ses camarades, une société de graphisme dont il devient le directeur artistique !
Le virus du théâtre le rattrape alors qu’il a 25 ans. Il se décide enfin à tenter d’intégrer la Royal Academy of Dramatic Art en présentant à deux reprises un extrait de Richard III de William Shakespeare. Une fois diplômé, il fréquente plusieurs troupes et s’essaie même à la comédie musicale en 1975 !
En 1978, Alan intègre la très prestigieuse Royal Shakespeare Company, dans laquelle il évolue de rôle en rôle jusqu’en 1985, où il incarne l’infâme vicomte de Valmont dans Les Liaisons dangereuses, adapté du roman du même nom. La pièce est un tel succès qu’elle s’exporte jusqu’à Broadway, où l’équipe de production du film Die Hard repère Alan et lui propose un rôle (le tout premier au cinéma) aux côtés de Bruce Willis, rien que ça. Sa prestation fait sensation puisqu’en incarnant le terroriste Hans Gruber, il se hisse à la 46ᵉ place du classement des 100 plus grands méchants de tous les temps, d’après l’American Film Institute.
Ne faisant jamais les choses à moitié, Alan réalise lui-même ses propres cascades dans le film, dont un saut arrière d’une hauteur de 12 mètres. Chose plus que dangereuse lorsque l’on sait que les cascadeurs professionnels ont besoin de voir la zone d’atterrissage lors de la réalisation de ce type de cascade !
Bien que régulièrement contacté pour jouer des seconds rôles, rien de bien probant pendant quelques années, jusqu’en 1991, où il rafle le BAFTA Award du meilleur acteur dans un rôle secondaire pour sa prestation du shérif de Nottingham (encore un méchant) dans Robin des Bois, prince des voleurs de Kevin Reynolds. Un rôle qu’il avait d’abord refusé à deux reprises avant d’obtenir la garantie d’être totalement libre dans l’interprétation du personnage.
Grâce à ses différents succès au cinéma, il est approché par l’équipe d’Ang Lee pour participer au film Raison et Sentiments, aux côtés de quelques-uns des plus grands acteurs britanniques de l’époque, comme Hugh Grant, Emma Thompson ou encore Kate Winslet. Son interprétation du colonel Brandon lui évite d’être définitivement catalogué dans les rôles sombres et lui permet d’essayer des compositions plus variées, comme celles d’un policier dans Judas Kiss, d’un acteur de série Z dans Galaxy Quest, d’un mari hautement infidèle dans Love Actually ou encore d’un coiffeur dans Coup de peigne.
Ne faisant jamais rien à moitié, il prendra des cours de violoncelle pour les besoins du film Truly, Madly, Deeply d’Anthony Minghella. Rassurez-vous, il n’en est pas non plus devenu un virtuose au point de nous donner des complexes : la main tenant l’archet était bien la sienne, mais la seconde, que l’on ne voyait pas à la caméra, appartenait à un véritable violoncelliste placé derrière lui.
De 2001 à 2002, il joue de nouveau dans une pièce qui s’exporte à Broadway. La troupe remporte notamment le Variety Club Award et le TheatreGoer’s Choice Award pour la meilleure performance dans une pièce de théâtre.
Le rôle qui change définitivement la vie et la popularité d’Alan Rickman fut celui de Severus Rogue. Il était en effet le premier choix de J.K. Rowling, mais avait d’abord refusé le rôle à cause de son côté trop sombre apparent. Lorsque Tim Roth refusa lui aussi le rôle pour pouvoir jouer dans La Planète des Singes, J.K. Rowling et la production du premier Harry Potter lui confièrent alors un terrible secret sur le personnage de Rogue.
Alan Rickman fut ainsi le premier et unique membre du casting à connaître la double identité de Severus Rogue et les raisons de son rôle de double espion, alors même que le premier film n’était pas encore tourné. Touché par l’évolution du personnage, Alan accepta le rôle afin de nous offrir l’une des meilleures interprétations du cinéma.
Après la saga, Alan Rickman a continué une carrière de théâtre et de cinéma, enchaînant les succès et les apparitions de toutes sortes. La dernière fut une apparition plus que dissimulée, puisqu’il prête sa voix originale à la chenille Absolem dans l’adaptation du roman Alice de l’autre côté du miroir, réalisé par Tim Burton. Une voix reconnaissable entre mille, due finalement à cette mâchoire inférieure trop étroite.
Atteint d’un cancer du pancréas, Alan Rickman s’est éteint le 14 janvier 2016, secouant le monde du théâtre londonien ainsi que la sphère des Potterheads, voyant apparaître le premier hommage de ce genre : le lever de baguettes au Wizarding World of Harry Potter, référence à la scène de la mort de Dumbledore dans la saga. Un acteur aux multiples facettes, plein de talent, qui a campé bien des personnages, mais qui restera pour beaucoup à jamais celui du terrible mais si courageux professeur Severus Rogue, le Prince de Sang-Mêlé.







Commentaires
Un acteur merveilleux et un article bien intéressant qui montre bien l'homme qu'était Alan Rickman, un comédien et acteur respectueux de sa liberté, assez droit pour exiger d'exercer ses rôles comme il l'entendait et refusant un rôle non conforme à ses idées. C'est ce qu'il a fait à plusieurs reprises et son immense talent le lui permettait. De plus il ne souhaitait pas coller à l'image de méchant irrécupérable qu'il soupçonnait Rogue d'être avant qu'on ne lui dévoile le secret. C'est d'autant plus méritoire que les grands rôles ne sont pas si fréquents. Merci pour cet article.
Un acteur merveilleux ! Savez vous que quand il a su pour son cancer il était en plein tournage de Harry Potter ? Il a hésité à abandonner le rôle et finalement il ne l'a pas fait car il avait le sentiment que personne ne pourrait interpréter Rogue comme lui, et on le remercie aussi pour ça !
Voilà un acteur remarquable que je regrette beaucoup depuis son décès... Un homme illustre, reconnu par tous pour ses talents, et qui a permis de donner vie à l'un des meilleurs personnages de cette saga (mon personnage préféré, personnellement). Un grand merci à Alan Rickman !
Wow, quel parcours bien dense ! J'ai appris plein de choses, merci Hazel ! Alan Rickman est indubitablement un homme exceptionnel, et la petite anecdote sur le spoiler du secret du double jeu de Rogue m'a fait sourire. Cet article était vraiment intéressant à lire. *^*