La Taverne des contes Éphémères
Par Skye Trixange le 1 juil. 2026, - Vie Pédouzienne - Lien permanent

Ce soir, c'est soirée devoir dans la salle commune. Tous les esprits sont tournés vers un objectif clair : faire briller notre maison. Et je n'y fais évidemment pas exception.
Cela faisait maintenant quelques temps que j'avais délaissé mes études pour les joies du Quidditch, et voilà que les examens me rattrapaient...
Je fixais mes notes étalées devant moi - ces hiéroglyphes que j'avais pourtant tracés de ma propre main, à une époque qui me semblait soudain très lointaine...
Avais-je réellement assisté à ces cours et pris moi-même ces notes ? C'était mon écriture ça ? Je vérifiai le parchemin que j'avais en main, il portait bien mon nom !
Malgré ma propension à faire l'école buissonnière, par je ne sais quel tour de magie, il avait réussi à me retrouver et il portait les griffures du périple qu'il avait dû accomplir.
Ah, ce préfet avait dû faire des efforts pour me retrouver. Personne n'était censé pouvoir me voir là où je m'étais caché, mais il avait réussi à me mettre la main dessus et à m'attabler avec les autres écoliers.
Les fesses vissées sur la chaise, les coudes plantés dans la table, je donnais l'impression d'être studieux, mon corps était là mais il était tout seul, mon esprit, lui, savait très bien prendre la poudre d'escampette.
Et là où se trouvaient mes rêves, aucun préfet, même très malin ne saurait me retrouver. Mais je me rendais bien compte que je commettais des bourdes. Il ne me quittait pas des yeux et je m'aperçus que j'étais en train de sourire, et ce n'était certainement pas le devoir d'arithmancie qui en était responsable.
Entendait-il comme moi, l'appel des oiseaux, le parfum des fleurs, le murmure des sources, je n'en savais rien mais je ne pouvais réprimer ce sourire qui élargissait la commissure de mes lèvres.
Savait-il comme moi, boire au lit des rivières, attendre l'éveil de la Nature à l'aube, poser sa main sur le faon nouveau-né, nager dans la mer et en savourer l'écume ? J'en doutais un peu. Il savait les chapitres des livres et l'odeur des parchemins tandis que je me glissais pieds nus sur le sable chaud.
Alors que mes orteils s'agitaient avec délectation, ils rencontrèrent la rigidité du cuir de mes chaussures, cette sensation mit fin à mes flâneries, autour de moi tout le monde travaillait...
J'observai mes camarades. Mira, dont les yeux fixaient obstinément la même ligne depuis cinq bonne minutes et dont l'esprit vagabondait probablement entre ciel et mer, Jem qui grattait son quatrième parchemin sur un sujet que je n'avais même pas encore lu, ou encore Adrian que je n'avais pas revu en cours depuis plusieurs semaines ... mois ... années ? Et qui ne s'était certainement pas attendu à une séance de devoirs pour son retour.
Alors que je reprenai la lecture du parchemin qui s'étalai sur ma table, les lettres se mirent à s'animer, les "l" déployaient des ailes, les "d" faisaient rouler des dés, les "a" soufflaient des ah! auxquels répondaient les oh ! des "o", la feuille se mit à frémir comme si elle était agitée par ces courants d'air vivifiants...
Je souris en voyant ce spectacle, comme si mes notes prenaient vie , mais un coup d’œil à l’horloge me ramena à la réalité : il était temps de me concentrer. Alors, plume en main, je me mis enfin au travail, tout en rêvant encore un peu.
Participants : Proventus Tal Moundine, Wilhelmina Bronner, Nox De Leon et Mirabelle Boutondore (+ Ministère de la Magie pour la fin)






