La Gazette du Sorcier - Edition Poudlard12

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Mystère au ministère : du monde des Vivants au royaume des Morts

Par Dan Wright, reporter d’investigation magique

Le mois dernier, nous vous rapportions des phénomènes étranges au sein du Ministère et plus particulièrement dans la Salle du Temps.
Aujourd'hui, notre reporter d’investigation a décidé de retourner au Ministère suite à de nouveaux témoignages glaçants au sein d’un autre secteur du département des Mystères. Voici ce qu’il a découvert.


Au sein du Département des Mystères, il existe une pièce que même les plus aguerris préfèrent éviter de nommer à voix haute. Les registres officiels l’appellent simplement « Salle 12 ». Les employés, eux, la désignent comme « La Salle de la Mort ».

La pièce elle-même est circulaire, plongée dans une pénombre permanente. Au centre s’élève une estrade de pierre sur laquelle se dresse l’arche, un monument ancien, fissuré, drapé d’un voile sombre qui oscille sans vent.

Après une succession d’incidents, l’administration persiste à qualifier cela de « phénomènes acoustiques ordinaires ». Pourtant, les témoignages recueillis racontent une toute autre histoire.

Le premier incident signalé remonte à 23 nuits. Un veilleur aurait entendu des voix. Pensant à une plaisanterie, il aurait inspecté la salle, seul. Les murmures se seraient alors multipliés, se superposant comme un chœur désaccordé.

« Ce n’était pas du bruit, a-t-il confié. C’était une conversation… mais pas entre vivants. »

Depuis, sept autres employés affirment avoir entendu des paroles indistinctes, souvent prononcées dans une langue inconnue. Le Ministère assure qu’il s’agit « d’illusions auditives provoquées par la résonance architecturale ».

Les phénomènes visuels sont plus difficiles à ignorer. Un autre garde raconte que des employés disent avoir vu une silhouette lever le bras, comme pour les appeler. Lorsqu’ils fixaient l’arche, il n’y avait plus rien.

Plus troublant encore : trois employés différents ont décrit la même chose, une ombre fine, légèrement penchée, semblant observer la salle depuis l’intérieur du voile.

À ces visions s’ajoutent des phénomènes physiques. Des pas ont été entendus sur l’estrade alors qu’elle était vide.

Après avoir entendu toutes ces histoires durant des semaines, il est temps pour moi de vous raconter les événements étranges survenus une nuit durant mon enquête.

C’est là que tout commence.
 

Une nuit qui défie tout entendement


Lors de ma visite, je fus escorté par deux gardes visiblement mal à l’aise. Au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans le Département, l’atmosphère changeait. Le couloir menant à la salle semblait absorber les sons. Même mes pas me paraissaient lointains, comme s’ils appartenaient à quelqu’un d’autre.

Aucun des gardes ne parlait. Le plus grand tenait sa baguette déjà sortie, l’autre surveillait derrière nous toutes les dix secondes.

« Procédure ? », ai-je murmuré.

« Instinct », répondit-il.

Lorsque la porte noire apparut enfin, je ressentis immédiatement ce que tous les témoins décrivent : une impression physique d’être observé. Pas regardé, mais bien observé, comme si quelque chose, de l’autre côté, savait déjà que nous étions là.

Le plus grand garde posa la main sur la poignée.

« Une fois dedans, ne vous approchez pas du voile. »

Je demandai pourquoi. Il ne répondit pas.

L’air changea dès l’ouverture. La Salle de la Mort est plus vaste qu’on ne l’imagine. Les gradins de pierre forment un cercle parfait autour de l’estrade centrale, où se dresse l’arche. Le voile sombre suspendu en son centre bouge lentement, non pas comme un tissu agité par le vent, mais comme quelque chose qui respire.

Nous restâmes près de l’entrée. Personne ne parlait. Puis je l’entendis.

Au début, je crus à un écho lointain. Une vibration sourde, presque musicale. Puis les sons se précisèrent : des syllabes, plusieurs voix, certaines graves, d’autres aiguës, toutes superposées. Je me tournai vers les gardes.

« Vous entendez ? »

Le plus jeune blêmit.

« Pas encore. »

Le mot me glaça davantage que les voix elles-mêmes. Elles continuaient, plus distinctes. J’aurais juré percevoir des fragments de phrases juste au bord de la compréhension, comme si mon esprit refusait d’en saisir le sens.

Et soudain, quelqu’un prononça mon prénom. Une voix douce et légère venait de dire : « Dan ». J’avais le sang glacé.

Je fis un pas en arrière. Le grand garde leva aussitôt sa baguette vers l’arche.

« Ne répondez pas. »

Sa voix n’avait rien d’autoritaire. Elle tremblait.

Le voile se souleva légèrement, pas assez pour révéler ce qui se trouvait derrière, assez pour prouver qu’il bougeait de lui-même. L’air autour de nous devint glacé, mon souffle se transforma en buée. Les murmures cessèrent net et le silence qui suivit fut pire.

Je scrutais la pièce à travers ce silence. Mes yeux s’attardèrent sur l’arche quand, tout à coup, je la vis.
Pas devant, pas dedans, mais derrière. Une forme sombre, plus noire que l’ombre elle-même, se tenait juste de l’autre côté du voile.
Elle n’avait pas de visage, seulement une présence, une densité, comme si l’obscurité avait pris corps.

Elle pencha légèrement la tête. Je clignai des yeux mais, en une fraction de seconde, elle avait disparu.

« Vous avez vu ? », soufflai-je.

Les deux gardes échangèrent un regard. Le grand demanda calmement :

« Elle était proche ou loin ? »

Je sentis mon estomac se nouer.

« Vous saviez qu’elle serait là, n’est-ce pas ? »

Personne ne répondit.

Soudain, un claquement sec retentit dans les gradins.

Nous nous retournâmes tous les trois dans l’obscurité. Rien. Puis : « tac… tac… tac ». Des pas, très lents, se firent entendre dans les marches de pierre derrière nous. Ils montaient.

Le jeune garde pivota, baguette haute.

« Qui est là ? »

Aucune réponse. Les pas s’arrêtèrent à mi-hauteur. Je n’avais jamais entendu un silence aussi lourd. On aurait dit que la salle retenait son souffle.

Puis les pas redescendirent, mais cette fois ils passèrent juste à côté de nous. Sans rien, sans personne.

Je jurais pouvoir encore sentir la vibration des pas lorsque le voile se mit à frissonner violemment, comme secoué par une rafale invisible. Le silence se brisa d’un coup et les murmures revinrent, tous à la fois.

Et cette fois, les deux gardes les entendirent aussi.

Le grand recula.

« On sort. Maintenant ! »

Nous nous dirigeâmes vers la porte. Je fus le dernier à franchir le seuil.

Juste avant de sortir, je me retournai. Erreur.

Le voile était immobile, mais au centre, une empreinte apparaissait. Une pression nette, comme une main posée de l’intérieur. Une main qui poussait, comme si elle voulait sortir nous rejoindre.

La porte se referma derrière nous avec un bruit sourd. Aucun de nous ne parla pendant plusieurs minutes. Je demandai finalement si ce que nous avions vu était normal.

Le jeune garde répondit d’une voix blanche :

« Normal ? Non. Fréquent ? Oui. »
 

Ce que le Ministère dit


Depuis le début des incidents, cinq mutations hors du Département des Mystères ont été accordées en urgence, un chiffre inhabituellement élevé pour un service dont les membres sont sélectionnés pour leur résistance mentale exceptionnelle.

Aucun communiqué n’explique ces départs. Le Ministère maintient qu’aucune anomalie n’existe dans la Salle de la Mort et que cette salle ne présente aucun danger.

Je peux désormais l’affirmer avec certitude : si ce lieu ne présente aucune anomalie alors je ne veux jamais rencontrer un endroit qui en présente une.


Alors, phénomènes de magie résiduelle ou les morts tentent ils d’entrer en contact avec nous pour nous dire quelque chose ? À vous d’en juger.

 

 

 

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Commentaires

1. Le 6 avr. 2026, par Nox De Leon

Le moins qu'on puisse dire, c'est que tu sais raconter et tenir les gens en haleine toi ! Et j'aime aussi beaucoup l'image de départ qui ne laisse rien deviner mais qui déjà te prépare au pire avec son titre poignant. La progression dans le texte est magnifique et fait qu'on ne peut pas le lâcher. En tous cas j'ai adoré. Je ne suis pas prête à entendre qu'il n'y aurait pas de suite, inenvisageable, n'est-ce pas ? En tous cas bravo pour ce talent !

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