Les Carnets de Terry en Égypte : Le Kyphirtiou
Par Nausicaa le 1 sept. 2025, - Le coin détente - Lien permanent

Avant de quitter l’Égypte, j'aimerais vous faire découvrir un arbre endémique du désert égyptien : le Kyphirtiou, communément arbre à encens bleu. Il a été exploité depuis la plus haute antiquité par les sorciers égyptiens.
Cet arbre a la propriété de rester invisible des moldus et de toute créature non magique. Il a donné lieu à une campagne de recensement et d’étude mise en œuvre par l’équivalent égyptien du ministère de la magie, en collaboration avec des sorciers botanistes et potionnistes britanniques et américains. Il existerait actuellement environ cinq cents spécimens, répartis à 75% dans le désert arabique (entre le Nil et la Mer Rouge).
Son tronc noueux et entrelacé et son feuillage bleu lui donne un aspect caractéristique et facilement repérable dans le désert. Mesurant trois à cinq mètres de haut, son tronc peut atteindre plus de cinquante centimètres de diamètre. Ses longues feuilles bleues un peu coniques sont gorgées d’un liquide gélatineux très hydratant. Elles sont appréciées par de nombreuses créatures magiques traversant le désert, et constituent une source d’eau pour le Mau égyptien dans ses courses à travers l’Égypte.

Le cycle de vie d’un Kyphirtiou est de plusieurs siècles, sa croissance est très lente et il met près d’une centaine d’années pour arriver à maturité. Une fois à l’état adulte, le tronc de l’arbre va progressivement s’ouvrir pour laisser apparaître les grains d’encens bleu foncé prisés par les sorciers. Cette plaie béante au sein de l’arbre continue à s’agrandir de façon imperceptible au fil des ans conduisant à la mort de l’arbre après quatre ou cinq siècles, le tronc rampant sous son propre poids. Le Kyphirtiou meurt bien plus précocement en cas d’exploitation intensive de son encens.
Aucun témoignage ne mentionne la présence de fleurs, de fruits ou de pollen sur cette variété d’arbres, ce qui a longtemps laissé les botanistes perplexes. L’hypothèse aujourd’hui admise serait que le Kyphirtiou naîtrait de la germination de la base d’une de ses feuilles dans l’estomac d’une créature magique puissante morte dans le désert (peu de temps après l’ingestion de cette feuille). L'aridité des lieux et la puissance magique de certains Mau ou de Sphinx conduiraient à la quasi fossilisation de l’animal mort, terreau propice à la germination d’un nouveau Kyphirtiou. Ces conditions très difficiles à réunir expliqueraient sa rareté mais en même temps sa survie.

Les grains d’encens de Kyphirtiou sont utilisés depuis des millénaires par les sorciers. Ils sont traditionnellement brûlés pour consulter l’avenir. Des images se forment dans la fumée, et sont ensuite interprétés par des spécialistes de divination. Leur emploi est très complexe car mal manipulés, ils révéleront un avenir fantasmé et non la réalité.
Les grains d’encens sont également utilisés dans certaines potions égyptiennes de protection ou de révélation et détection. Ils permettent également, infusés dans l’eau, de protéger la personne qui en boit de poisons et venins. C’est pour cela que de nombreux sorciers du désert en buvait régulièrement afin de prévenir les morsures de serpents et piqûres d’animaux et créatures venimeux.
À partir du dix-neuvième siècle, les infusions et décoctions d’encens de Kyphirtiou ont été prisées par une partie des sorciers, recherchant ses effets hallucinatoires considérés comme des visions du futur. Cependant, ces breuvages, consommés de façon régulière, conduisent à une accoutumance et une dépendance et peuvent entraîner des cauchemars répétés, des délires ainsi que des formes de démence. Malgré les mises en garde, certains sorciers continuent à s’adonner à cette consommation détournée de l’encens bleu.






