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Ecriture inclusive, quézako ?

Depuis quelques mois, il vous arrive de voir des points à la fin de certains mots, avec une suite au féminin ou au pluriel derrière ? Pas de panique, vous n’êtes pas fous ! Cela s’appelle l’écriture inclusive, ou écriture épicène. Et comme je vois que ça vous perturbe, on va s’asseoir et en discuter bien tranquillement.


• Concrètement, c’est quoi l’écriture inclusive ?

L’écriture inclusive est en réalité divisée en deux courants distincts : le premier désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent de représenter les femmes au travers de l’écriture. Pour y parvenir, on va donc ajouter des points médians ou des tirets aux mots qui s’accordent en genre et en nombre avec le sujet. Par exemple, au lieu d’écrire : « Les collégiens sont heureux de leur année », je vais plutôt écrire « les collégiens.ennes sont heureux.euses de leur année ». Ainsi, ma phrase n’a pas de tendance masculine dominante et va représenter à la fois les personnes de genre masculin et féminin.

Le second grand courant d’utilisation de l’écriture inclusive a pour but d’instaurer le plus de neutralité et d’égalité entre les genres possible. C’est ce que l’on va appeler écriture épicène. Pour ce faire, on va changer la tournure d’une phrase pour en utiliser une qui soit complètement neutre. Par exemple : « Les élèves du collège ont passé une bonne année ». Cela permet de ne pas genrer, de ne pas donner un genre masculin ou féminin prédominant à la phrase. Ainsi, les personnes non-binaires, c’est-à-dire les personnes qui ne sont ni de genre masculin ni féminin, ne se voient pas attribuer un genre qui n’est pas le leur.


• Mais je comprends pas, c’est quoi l’utilité ?

La langue française a construit, au fur et à mesure des siècles, son mode d’écriture sur la règle que vous connaissez tous : « Le masculin l’emporte sur le féminin ». On estime son apparition aux alentour du 17ème siècle, or nous sommes tous d’accord pour dire qu’à cette époque, la condition de la femme était loin d’être à son paroxysme. Depuis, les mœurs ont changé, les femmes se sont libérées, et ce même s’il reste encore beaucoup de combats à mener. Seulement voilà, depuis les années 1800, la place de la femme n’a pas beaucoup évoluée dans l’écriture. C’est donc ce qui est porté par les mouvements, principalement féministes, qui luttent pour son utilisation par tous.te.s et partout.


• Donc, j’ai juste à mettre des points aux mots qui s’accordent en genre et en nombre, c’est ça ?

Non, pas seulement ! L’écriture inclusive se veut, comme son nom l’indique, pouvoir inclure toutes les personnes dans la langue française. En se basant sur le premier courant, on va, en plus d’utiliser les points médians, accorder les métiers, grades et titres en fonction du genre de la personne, en parlant par exemple de professeure, de pompière ou d’autrice. Il s’agit ainsi de signifier qu’une personne est de genre féminin. On va ensuite essayer d’opter pour une représentation neutre de la population, par exemple en parlant des « Droits Humains » au lieu des « Droits de l’Homme ».

Si l’on parle du deuxième courant, à savoir une écriture épicène, il y a plusieurs choses que l’on peut mettre en place assez simplement. Cela commence par les pronoms : au lieu d’utiliser les six que vous connaissez tous (je, tu, il/elle/nous, vous, ils/elles), on va réaliser une contraction de ces pronoms : Iels pour le singulier, Elleux pour le pluriel. Leur utilisation devient pertinente dans plusieurs cas : si par exemple on parle d’un groupe de personne, que l’on s’adresse à quelqu’un dont on ne connait pas le genre ou si au contraire on sait qu’il s’agit d’une personne non-binaire.


• Franchement, je vois pas pourquoi changer maintenant notre écriture, on a toujours fait comme ça !

Et bien non, détrompe-toi ! Jusqu’aux alentour du 17ème siècle, les noms de métiers exercés par des femmes étaient au féminin ; on parlait de « charpentière « ou d’ « autrice ». De plus, on utilisait ce qu’on appelle l’accord de proximité, qui veut que l’on accorde l’adjectif avec le sujet le plus proche. Par exemple : « Les hommes et les femmes de cette assemblée sont belles ». C’est en 1651 que ces règles furent abolies au nom d’une soi-disant supériorité masculine.


• Mais attends, ça veut dire qu’il faut tout féminiser ?

Non, pas du tout. L’écriture inclusive ne s’intéresse qu’aux noms qui représentent des personnes, il n’est donc pas question de dire « un.e douche ». Et puis pour le reste, ce n’est pas plus compliqué de dire « bonjour à tout.e.s » que « bonjour à toutes et à tous », bien au contraire !


Voilà un petit résumé de ce qu’on appelle l’écriture inclusive ou épicène, qui j’espère vous servira pour pouvoir l’adopter si vous le souhaitez. Parce qu'évidemment, l'idée de cet article n'est pas de vous forcer à quoi que ce soit, mais bien de vous permettre d'être assez renseigné.e pour pouvoir décider !
Et avant de terminer, j’ai un petit mot pour les détracteurs.trices qui jugeront inutile, trop compliqué ou illisible de s’y appliquer ; n’oubliez pas que, sur un site tel que Poudlard12, c’est l’écriture qui nous définit. C’est elle qui fait vivre ce que nous avons dans la tête et qui nous sommes derrière l’écran. Alors, imaginez la difficulté d’exister quand on ne peut même pas être nommé.e à l’écrit ! Je pense que ce constat vaut bien un petit effort de notre part à tous.tes. ♥

Rédigé par Tanja Madsen Illustré par Elea Loohest

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Commentaires

1. Le vendredi 2 octobre 2020, 18:45 par Suky

merci beaucoup pour cet article ♥ je trouve ça tellement triste de voir des gens mépriser l'écriture inclusive, par refus ou incompréhension, et je trouve que ton explication claire et concise est un bon rempart à ces deux soucis (:

2. Le Lundi 12 octobre 2020, 21:06 par Aya

Ouah! Trop sympa! Par contre, je troue désagréable la contrction des pronoms mais ouah!

3. Le vendredi 23 octobre 2020, 17:22 par Angele

Merci Tanja pour cette introduction qui ouvre l'esprit !

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