Me, Myself, and I.
Par Clara Badaboum le 29 déc. 2012, - Edition n°87 - Lien permanent

En plus d’avoir un lit bien chaud dans lequel se pelotonner, l’avantage d’avoir un dortoir réside dans le fait que si quelque chose d’étrange s’y passe, vous n’êtes pas seule. Vous pourrez combattre le problème à plusieurs, même si c’est à coups d’oreiller. C’est ce que je me disais, depuis que je résidais au dortoir Sombral. Jusqu’à ce que je me rende compte, en plein milieu de la nuit, que le problème à combattre ne pourrait l’être que par ma personne. A moins que mes camarades de chambres ne soient devenues totalement sourdes.
Une énorme voix avait retenti dans la pièce, me figeant dans mon lit, après que avoir fait un bond ahuri. Et ni Hikari ni Flora n’avait cessé de ronfler, ce qui me prouvait bel et bien que je devais faire un rêve. Ou être en proie à la folie. Peu importe, de toutes façons, mon cas devait être perdu. Alors, je me lançais dans une conversation qui se vouait à n’être qu’une future preuve de mon manque de sociabilité.
Si j’avais moins eu le sentiment que quelque chose de vraiment bizarre se passait, j’aurais probablement ri. Mais il faisait nuit, j’entendais une voix bizarre qui se voulait féminine, et la pièce n’abritait aucune personne pouvant être une créatrice. J’ai donc tenté (vainement) de rendre la situation des plus grotesques. Une bougie allumée, j’ai attrapé un calepin et une plume, toujours à portée de tout Serdaigle qui se mérite. Quitte à perdre la tête, autant le faire en s’amusant.
Une brise glacée traversa la pièce, éteignant la bougie. J’avais dû la mettre en colère, je ne voyais que ça. Si mon asociabilité n’avait pas pris le pas sur ma personnalité, je me serais sans doute incrustée dans le lit d’une des filles. Mais non, je ne pouvais pas. Du contact humain de la sorte, berk. Je chassai donc désespérément cette image de ma tête et courus me réfugier dans la Bibliothèque, mon calepin à la main. Au milieu des livres à corriger. Là au moins, j’étais dans un lieu sûr, où mon papier, attestation d’une folie certaine, passerait presque inaperçu.




